George Russel : dans les pas d’Hamilton ?

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George Russel en combinaison Mercedes / photo via Mercedes Twitter

Après trois mois de pause hivernale, le temps pour RedBull de savourer leur retour à la victoire et pour Mercedes de digérer une profonde amertume, les pilotes de la catégorie reine du sport automobile remettront le couvert le 20 mars prochain au Grand Prix de Bahreïn.

Dénouement de plusieurs mois de rumeurs, l’officialisation de George Russel chez Mercedes le 7 septembre dernier vient mettre un terme à la question suivante : qui remplacera Valtteri Bottas pour courir aux côtés d’Hamilton ? C’est chose faite, en 2022, Mercedes alignera un duo 100 % britannique au départ des Grand Prix.

TheCuriosity vous en dit plus sur ce jeune pilote de 24 ans parvenu à décrocher le baquet le plus convoité de la grille.

Des débuts digne d'un futur champion

Grâce à ses performances en Formule 3, George Russel attire l’attention de Toto Wolff, directeur de l’écurie Mercedes, et l’intègre dès 2016 à son programme jeune pilote. Ainsi, les millions d’euros nécessaires à la pratique de ce sport ne seront plus un frein à sa carrière prometteuse. En effet, les pilotes sont clients des écuries de catégories inférieures à la Formule 1.

En 2018 après avoir remporté le championnat de GP3, Russel réitère l’exploit cette fois-ci dans la catégorie supérieure, en Formule 2.

Russel engagé dans l'écurie ART Grand Prix en F2 / photo via Sky Sports

Si prêt, mais pourtant si loin de Mercedes

Autre bénéfice tiré du programme jeune pilote de Mercedes, George Russel pousse la porte d’entrée du monde de la Formule 1 en 2019 pour atterrir chez l’écurie Williams, qui vient tout juste de terminer une de ses pires saisons en date. Qu’importe, un rookie ne pouvait rêver de mieux, et au volant d’une des voitures les moins compétitives du plateau, il réalise des performances inespérées pour l’écurie en quête de retrouver sa gloire passée. Par conséquent, pour sa première saison, il ne peut que se contenter de dominer son coéquipier de l’époque, Robert Kubica, en particulier lors des qualifications.

L’an suivant, la monoplace de Russel n’est toujours pas à la hauteur, et cette nouvelle saison qu’il espérait prometteuse n’est finalement que le reflet de celle passée. Mais pour l’avant-dernier Grand Prix de la saison, il se voit offrir l’opportunité de remplacer Hamilton, testé positif à la COVID-19.

Ni une ni deux, il saute dans le baquet de la Mercedes et file à 300km/h réaliser le meilleur temps des essais libres : la machine à gagner est lancée. Au départ du Grand Prix, il s’élance de la seconde position, devancé de peu par son coéquipier d’une course, Valtteri Bottas. Mais dès le premier virage, Russel plonge à l’intérieur et prend la tête ! Alors qu’il filait tout droit vers sa première victoire en Formule 1, ses mécaniciens, aussi fou que cela puisse paraître, lui font chausser les mauvais pneus : il est rappelé aux stands et ressort plusieurs places derrière. S’ensuit alors une remontée fantastique, mais vraisemblablement accablé par le sort, une crevaison lente vient réduire à néant toute possibilité de victoire. Le compte de fée se transforme en cauchemar. Il franchira la ligne à la 9e place et inscrit ainsi ses premiers points dans la discipline en guise de compensation.

Russel à l'arrivée du Grand Prix de Sakhir, pensif / photo via fanpage.it

2021 : un tournant sans précédent

En 2021, Russel profite enfin d’une monoplace plus compétitive. Par la combinaison de son talent hors du commun et une meilleure voiture, bien que toujours plutôt mauvaise, il réalise sa meilleure saison à ce jour. Il parvient fréquemment à se hisser dans le top 10 lors des qualifications, sans pour autant y rester lors du passage à la ligne d’arrivée.

Au Grand Prix d’Hongrie, Russel apparaît ému, les larmes aux yeux face aux caméras des journalistes. Et pour cause, il vient de terminer la course à la 8e position et marque ses premiers points pour Williams.

Mais la performance tout aussi remarquable qu’inattendu est sans équivoque son podium lors du Grand Prix de Belgique. Grâce au pari de son ingénieur de course, Russel rentre au stand pour chausser des pneus pluies : la piste est détrempée. Le résultat ne se fait pas attendre, en un tour, il réalise le second meilleur temps. Le lendemain pour la course, les conditions climatiques sont encore pires que la veille. La visibilité est quasi-nulle et les pilotes sont appelés à rentrer au stand. La course ne reprendra qu’une heure plus tard, sous régime de voiture de sécurité. Seuls deux tours sont bouclés, mais selon les règles, c’est assez pour permettre à Russel de grimper sur le podium pour la première fois de sa carrière.

Lewis Hamilton et George Russel sur le podium du Grand Prix de Belgique / photo via motorsport.com

Le pari Mercedes

L’avenir de Valtteri Bottas aux côtés de Mercedes pour la saison à venir étant de plus en plus incertains, les rumeurs avaient bons trains, et Russel se démarquait comme le candidat le plus apte à prendre le siège du Finlandais. L’écurie 8 fois championne du monde avait su placer leur petit protégé sous l’aile de Williams dans un seul et unique but : polir ce diamant brut pour en faire une véritable machine à gagner. Après trois saisons à gagner en expérience, la suite logique des choses était la suivante : recruter Russel pour la saison à venir.

En 2022, celui qu’Hamilton ne pouvait pas même apercevoir dans ses rétroviseurs, se joindra à ses côtés pour courir sous le giron Mercedes. Sera-t-il capable de remporter le championnat dès sa première saison ? Confronté à un Lewis Hamilton déterminer à remporter son 8e titre mondial, un Max Verstappen envieux de réitérer l’exploit et un Charles Leclerc au volant d’une Ferrari qui s’annonce elle aussi capable de jouer le titre, une chose est sûre, la tâche ne sera pas simple.

Quoi qu’il en soit, nul doute que ce champion en devenir brillera pour l’écurie pour laquelle, plus jeune, il rêvait un jour de piloter.

De gauche à droite : Lewis Hamilton, Charles Leclerc, Max Verstappen / photo via Sky Sports