Le conflit russo-urkainien, expliqué

Forces armées ukrainiennes près de Kharkiv / photo via REUTERS/Maksim Levin

Ce jeudi 24 février, Poutine a renversé la table. A 6 h du matin heure locale, le dirigeant russe ordonne le déploiement militaire de ses troupes en Ukraine, 3 jours après avoir reconnu les républiques séparatistes prorusses de Donetsk et Lougansk. TheCuriosity revient sur cette journée qui marque un tournant sans précédent dans le conflit russo-ukrainien.

L'impensable se produit...

Hier, à 6 h du matin heure locale, Vladimir Poutine a ordonné l’impensable : les forces armées russes ont pénétré le territoire ukrainien.
Résolus à se battre, les ukrainiens ont dû faire face à l’armée russe sur plusieurs front : l’ennemi est aux portes de Kiev, la capitale, et avance depuis l’est en direction de Kharkov. Annexée en 2014, la Crimée permet aux russes de se déployer au sud.
Parallèlement, c’est l’entièreté du pays qui a été bombardée massivement durant la matinée, avant de muter en bombardements tactiques.

... et Moscou ouvre le feu

Dans la journée de jeudi, Kiev dénombre provisoirement 31 civils tués dont 2 enfants. Côté militaire, les chiffres restent flous et imprécis : à 16h, au moins 40 soldats ukrainiens et 50 russes auraient perdu la vie lors des combats. Quant aux réfugiés, l’ONU estime à 100 000 personnes le nombre de civils ukrainiens ayant dû quitter leur domicile.
La Russie affirme également avoir détruit 74 installations militaires dont 11 aérodromes.

Attention, ces chiffres peuvent se révéler approximatifs compte tenu de la propagande exercée dans les 2 camps et du manque d’information.

Cartes des opérations militaires russes en Ukraine / photo via Le Monde

Un conflit à contextualiser

Le contexte reste tendu. En effet, l’annexion de la Crimée par la Russie et la sécession de Donetsk et Lougansk en 2014 avaient provoqué un conflit de basse intensité à l’Est de l’Ukraine, en partie causé par les différences linguistiques et culturelles, à savoir une majorité russophone dans la région du Donbass notamment. Les deux républiques autoproclamées n’étaient cependant pas officiellement reconnues par le Kremlin, qui a ces derniers jours franchi le pas en reconnaissant ces mêmes Républiques populaires.

Vladimir Poutine avait notamment rappelé dans son dernier ouvrage sorti en mai 2021 qu’il considérait l’Ukraine comme un territoire intimement lié à la Russie, et donc qu’il contestait sa souveraineté. Poutine fait ici allusion à l’origine de la Russie qui prend sa source à Kiev, capitale actuelle de l’Ukraine, ainsi que l’appartenance de l’Ukraine à l’URSS.
De plus, la récente volonté de l’Ukraine de se rapprocher de l’OTAN est aussi une des raisons de cette intervention russe, voyant d’un mauvais œil l’Alliance Atlantique à ses frontières.
En 2004, l’intégration des Etats Baltes à l’OTAN à savoir la Lituanie, l’Estonie et la Lettonie, avait déjà provoqué la rupture des liens cordiaux entre les Etats-Unis et la Russie.

Que répondre à Poutine ?

Les réactions du monde entier se sont faites immédiates, portant majoritairement du soutien au peuple ukrainien et de l’hostilité à Vladimir Poutine.
L’Union Européenne dénonce les actes du dirigeant russe comme une violation du droit international, tandis qu’en France le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a qualifié Vladimir Poutine de « dictateur ». À la suite d’une réunion à Bruxelles dans la soirée, les 27 ont décidé de lourdes sanctions, principalement économiques, à l’encontre de la Russie. De nombreux Etats tels que la France appellent leurs ressortissants en Ukraine à quitter la zone. De l’autre côté de l’atlantique, Joe Biden prévient son homologue russe de sanctions qui iront « au-delà de tout ce que nous avons fait jusqu’ici ».

« Président Poutine, au nom de l’humanité, ramenez vos troupes en Russie. Au nom de l’humanité, ne permettons pas que commence en Europe ce qui pourrait être la pire guerre depuis le début du siècle »
Déclarations du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres

Malgré l’interdiction de se rassembler décrétée par le gouvernement russe, des milliers de personnes ont manifesté à Moscou et Saint-Pétersbourg pour protester contre les mesures de Vladimir Poutine. Ces mouvements ont été réprimés par les autorités, aboutissant à des dizaines d’arrestations.

Manifestante devant l'ambassade Russe à Paris / photo via LAURENCE GEAI Le Monde

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