Le conflit israélo-palestinien, expliqué

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Police israélienne à Lod au début du mois de mai 2021 / Photo via Israel Police (CC BY-SA 3.0)

Depuis plusieurs jours, les tensions entre Israël et la Palestine s’accentuent. Résultat d’un conflit qui dure depuis plus de 70 ans, ces violences ont, depuis le début du mois de mai 2021, causé des centaines de blessés et d’innombrables dégâts matériels. Mais alors, quelles sont les origines de ce conflit? Comment se déroule-t-il à ce moment même et quel pourrait en être le futur?

Les origines des tensions

Les tensions débutent en 1948, avec la création de l’État d’Israël sur les anciennes terres palestiniennes jusqu’alors sous mandat britannique. En effet, c’est à cette époque que le sionisme — le mouvement national du peuple juif visant à la création d’un foyer national juif — se met en action après son émergence dans le début du XXème siècle et permet la création d’un État hébreu, soutenu par les grandes puissances occidentales comme les États-Unis. Cet État est alors délimité par un plan précis de l’ONU, stipulant que cette nouvelle nation cohabitera aux côtés d’un État arabe et que Jérusalem, la ville sainte, sera sous contrôle international. Dès la naissance d’Israël sur les terres de la Palestine, plusieurs pays avoisinants, comme la Transjordanie, l’Égypte, l’Irak ou encore la Syrie lui déclarent la guerre : c’est la Guerre israélo-arabe de 1948-1949.

Depuis cette époque, les tensions entre l’État hébreu et la Palestine — soutenue et reconnue par une majorité des pays arabes du monde — n’ont cessé d’exister. Dans une logique d’expansion de son territoire, Israël a considérablement agrandi son territoire depuis 1949 en prenant le contrôle des espaces palestiniens. En 1967, la Guerre des six jours éclate après qu’Israël ait décidé d’ouvrir le feu contre l’Égypte, la Syrie et la Jordanie. La victoire israélienne permet à l’État juif d’annexer le Sinaï, les hauteurs du Golan, la bande de Gaza et une partie de Jérusalem-Est. Si certaines de ces régions ont depuis été rendues, il n’empêche que d’autres sont restés occupés jusqu’à nos jours et que l’État arabe se limite aujourd’hui à de petits territoires en cis-jordanie, à l’Est d’Israël, ainsi qu’à la bande de Gaza, un territoire gouverné par le Hamas — un mouvement islamiste et nationaliste palestinien — située à l’Ouest de l’État hébreu à la frontière égyptienne. Les intentions d’Israël sont au cœur même des problématiques que la région encontre encore de nos jours.

Expansion de l'État d'Israël de 1946 à 2000 / Carte par Evan Clavel, TheCuriosity.

L'actualité du conflit

Depuis plusieurs jours, les tensions entre Israël et la Palestine s’accentuent fortement. En effet, début mai 2021, la Cour suprême décide d’expulser 4 familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, pour les remplacer par des colons juifs. Cette décision, bien que par la suite reportée de 30 jours, suscita une réaction internationale importante et des émeutes dans la ville sainte entre le 6 et le 9 mai. En réaction à ces manifestations, la police israélienne réprime fortement les protestataires : on dénombre alors près de 300 blessés.

En réaction à cette répression des manifestants palestiniens, le Hamas — le mouvement à la tête de la bande de Gaza — lance des missiles aériens sur les terres israéliennes. Une offensive majoritairement contrée par l’État Hébreu grâce à son “Dôme de Fer” : un dispositif anti-aérien efficace mais coûteux. Suite à cette offensive aérienne, Israël réplique à partir du 11 mai avec des missiles envoyés sur la bande de Gaza. Contrairement à l’État juif, la Palestine ne dispose pas d’un système anti-aérien : un constat qui explique notamment la différence des pertes humaines des deux côtés du conflit. Côté israélien, on compte 11 morts et 312 blessés. Côté palestinien, c’est près de 200 morts pour 1400 blessés. Bien que ces chiffres semblent être approximatifs et dépendent considérablement de leur source, il n’empêche qu’un constat peut être dressé : les dégâts humains et matériels du côté palestinien sont nettement plus élevés.

La réaction internationale face à ce conflit est importante : dans de nombreuses grandes villes — Paris, Chicago, Washington… — des manifestations pro-palestine ont lieu, en soutien aux victimes des attaques d’Israël. De son côté, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, appelle à un cessez-le-feu immédiat entre les deux partis.