Le nouveau pari de l’Arabie Saoudite : le tourisme

Réserve naturelle de Sharaan / Photograpghie via luxsure.fr

Avec une économie qui repose principalement sur l’industrie pétrolière, l’Arabie Saoudite souhaite développer le tourisme, afin de diversifier ses ressources et devenir moins dépendant de la rente pétrolière. Décryptage d’un royaume en pleine évolution.

Le tourisme, un futur enjeu

Depuis octobre 2019, le pays dirigé par la famille Al Saoud a créé pour la première fois un visa touristique, disponible pour 49 pays dont la France.

Jusque-là, les visas internationaux étaient attribués seulement aux expatriés et leur famille, aux hommes et femmes d’affaires, ainsi que ceux octroyés aux pèlerins pour le Haji et la Omra (les pèlerinages à La Mecque). Le nombre de pèlerins en 2019 était, selon le ministère saoudien du Haji et de la Omra, de presque 2,5 millions, dont près de 1,9 millions d’étrangers, soit 75%.

Le pays veut donc se détacher d’un tourisme uniquement religieux, et a pour objectif d’atteindre en 2030 le nombre ambitieux de 100 millions de visiteurs.

Le royaume dispose d’ailleurs d’un fort potentiel touristique. Il parie notamment sur le site antique d’Al-Ula pour faire découvrir les richesses archéologiques du pays et attirer les touristes « haut de gamme », en faisant de la publicité sur les réseaux sociaux, sur des affichages publicitaires, ou encore en organisant une exposition à l’Institut du Monde Arabe, àParis. Avec cinq sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, des paysages montagneux et désertiques à couper le souffle et des plages paradisiaques, le pays de la péninsule arabique entend bien profiter de ces sites naturels pour attirer des touristes.

Site antique d'Al-Ula / Photographie via agencemap.com

Des investissements massifs

De plus, le royaume ultraconservateur investit massivement dans de nouveaux projets pharamineux, comme celui de « NEOM », une ville futuriste, dont le coût de construction est estimé à 400 milliards d’euros, ou encore le « red sea project », qui consiste à aménager un grand complexe touristique au bord de la mer Rouge. Des villes (Qiddiya et Amaala) dédiées au tourisme international sont également en projet.

Tous ces projets font partie du plan de développement « Vision 2030 », mis en place par Mohammed ben Salmad, dit « MBS », le prince héritier de l’Arabie Saoudite. Son objectif est de diversifier l’activité du pays pour sortir de la rente pétrolière, en réformant économiquement, socialement et politiquement son royaume.

Malgré la crise sanitaire actuelle, les objectifs de Ryad restent les mêmes, mais pourront-ils aboutir ? A suivre…