Notre société est constamment plongée dans le stress. Quelles-en sont les conséquences et comment y faire face?

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Le stress, une réaction naturelle du cerveau, parfois néfaste pour notre santé / illustration par Evan Clavel

De nos jours, le stress semble avoir envahi notre société : partout, un grand nombre de personnes se sentent submergées par leur profession, leurs études et plus globalement leur vie entière. Mais alors, comment ce phénomène biologique naturel, nous permettant autrefois de survivre dans la nature, s’est transformé en un fléau pour notre société, entrainant burn-out, procrastination, dépressions et un impact majeur sur la santé de chaque individu? D’après certains scientifiques, notre monde moderne et son lot de nouveautés technologiques et sociales pourraient expliquer cet effet. Retour sur ce qu’est le stress d’un point de vue biologique et comportemental, quelles-en sont ses conséquences et comment y faire face.

Qu'est-ce que le stress?

Comme l’affirme l’Institut Américain du Stress, ce terme, tel qu’il est utilisé actuellement, a été inventé par Hans Selye en 1936, qui l’a alors défini comme “la réponse non spécifique du corps à toute demande de changement”. Autrement dit, le stress est une réaction biologique et naturelle de notre corps face à certaines situations, dites stressante et/ou des facteurs à stress. Autrefois, celui-ci a très certainement permis à notre espèce — comme plein d’autres animaux et même végétaux — de survivre dans la nature, puisqu’il accorda la capacité à Homo Sapiens de réagir rapidement en cas de menace et ainsi, d’échapper à sa mort. Toutefois, dans notre monde moderne, ce phénomène prend parfois une ampleur surdimensionnée : nous ne sommes généralement pas en danger de mort lorsque nous stressons pour un examen, des problèmes familiaux, notre travail…

À l’échelle biologique, le stress se traduit par une réaction hormonale en chaîne. Pas moins de cinq hormones sont impliquées dans son apparition. Comme l’affirme la professeur Martine Duclos du CHU de Clermont-Ferrand, on y compte principalement l’ATCH — aussi appelé hormone corticotrope — mais aussi le cortisol, l’adrénaline, l’ocytocine ou encore la vasopressine. Chacune d’entre-elles possède un rôle défini : l’ATCH permet de libérer le cortisol, le cortisol apporte une énergie au cerveau et régule la tension artérielle pour se préparer au stress, l’adrénaline augmente le rythme cardiaque et le rythme respiratoire, l’ocytocine intervient sur notre comportement tandis que la vasopressine régule la pression sanguine et joue un rôle dans la gestion de l’anxiété — un sentiment qui ne doit par ailleurs pas être confondu avec le stress

Quelles-en sont les conséquences

Si une quantité modérée de stress dans une vie n’a pas ou peu de conséquences néfastes directe sur notre santé, voire même peut-être bénéfique en nous poussant vers la réussite, cela est différent lorsqu’il dévient régulier et trop important, puisqu’il peut alors gravement impacter notre santé mentale et physique. En effet, comme déclare Malaika Stoll, médecin en chef de Blue Shield California : “Si nous sommes constamment stressés, la plupart d’entre nous finiront par fonctionner moins bien”. De multiples études établissent un lien important entre un stress chronique et un risque plus élevé de maladie cardiaque, d’accident vasculaire cérébral, de dépression, de prise de poids et même de perte de mémoire, c’est pourquoi “il est important de reconnaître les signaux d’alarme”, dit-elle. D’après une étude menée en 2012 par des chercheurs de l’Université du Wisconsin-Madison — portant sur la façon dont 28 000 personnes percevaient le stress dans leur vie — le fait d’avoir beaucoup de stress dans sa vie ne serait pourtant pas lié à un risque de décès prématuré. Néanmoins, l’étude, réalisée sur 9 ans, semble montrer que le fait d’avoir beaucoup de stress dans sa vie et de croire délibérément qu’il nuit à sa santé augmente le risque de décès prématuré de 43 %.

D’un point de vue plus éloigné, le stress affecte également l’entièreté de notre système économique et social. En effet, un individu stressé sera généralement moins efficace au travail et aura tendance à s’isoler du reste de la population. D’après Stress Management Society, une organisation à but non lucratif qui aide les individus et les entreprises à reconnaître et à réduire le stress, une personne stressée aura tendance à se démotiver facilement, à dormir moins, à être indécise, à douter d’elle-même et même à s’isoler des autres. En construisant des systèmes économiques et sociaux où les individus sont considérablement stressés, les individus finissent généralement par être moins productifs et par exemple, générer moins d’argent pour son entreprise. Une parfaite illustration capable de mettre en valeur ce fait pourrait notamment être l’ambiance de travail dans certaines multinationales de la Sillicon Valley en Californie, où l’employé est roi. Ces entreprises mettent en place des espaces de travail agréables, parsemés d’espaces verts, de lieux de détente, de restauration… Dans l’unique but que leurs salariés se sentent épanouis, moins stressés et ainsi, plus productifs.

Comment y faire face?

Bien sûr, il n’est pas impossible de faire face à un stress chronique important. Au contraire, cela est même à la portée de tous. D’après un article de Tara Parker Pope pour le New York Times, il est d’abord important de s’observer et de changer sa perception du stress pour en avoir une meilleure gestion. En effet, comme énoncé auparavant, le stress est particulièrement nocif lorsque l’individu qui y fait face pense que celui-ci est mauvais pour sa santé. Changer sa perception du stress, en le voyant davantage comme un atout au quotidien qu’un problème peut dans un premier temps vous aider à mieux vous sentir. L’un des exemples de Parker Pope illustre parfaitement ce propos :

” Lorsque je suis stressé, mon cœur et mon système circulatoire réagissent, ce qui entraîne une augmentation de ma tension artérielle. Cela signifie que :

 

Une vue commune [à supprimer] : Je peux sentir ma tension artérielle augmenter. Cela ne peut pas être bon pour ma santé.


Autre point de vue [à préconiser] : Les changements circulatoires permettent à plus d’oxygène et de nutriments d’alimenter mes muscles. Je me sens plus fort et prêt à relever le défi qui m’attend. “

Bien évidemment, une bonne hygiène de vie, avec des exercices respiratoires, de la méditation, une alimentation riche et variée ou encore de l’exercice physique régulier permettra également de mieux faire face et de réduire son stress quotidien, de même que le fait de garder un entourage social fort, de parler à votre médecin, de définir vos objectifs de vie…