Vienne, capitale artistique

Kursalon Hubner / Photo via wikipedia.org

Du peintre Gustav Klimt à l’écrivain Stefan Zweig, en passant par le docteur Sigmund Freud, Vienne, alors capitale de l’empire austro hongrois, a jouit au tout début du XXème siècle d’une richesse culturelle exceptionnelle.

Contexte politico-social

Vienne est depuis 1867 la capitale de l’Autriche-Hongrie, puissant empire qui résulte d’une union réelle entre l’Autriche et la Hongrie. Ce vaste empire, gouverné par François-Joseph Ier, va vivre un essor économique considérable, notamment lié à l’industrie. Vienne est à l’image de cette économie florissante, puisque l’empereur va décider de moderniser la ville, en y construisant par exemple le « Ring », un grand boulevard qui encercle le centre historique, et en ordonnant l’édification de grands bâtiments tel que le palais impérial, ou le musée de d’Histoire de l’art de Vienne.

La population viennoise va considérablement augmenter, atteignant presque 2 millions d’habitants en 1900. En parallèle, l’hostilité contre les juifs grandit également, comme en témoigne l’élection du maire antisémite Karl Lueger. Or, une partie de l’élite viennoise est juive, ainsi que de nombreux artistes.

Carte postale de Vienne, après les grands travaux entrepris par l'empereur Francois-Joseph / Photo via pointdevue.fr

La Sécession, entre architecture et peinture

La Sécession viennoise est un courant artistique fondé en 1897, par le peintre Gustav Klimt et l’architecte Josef Hoffman. Rejetant l’art officiel (créations artistiques soutenues par un régime politique ou religieux), les artistes du groupe se veulent novateurs et cherchent à renouveler l’architecture, les arts plastiques et les arts visuels.

secession.at / Photographie des membres de la Sécession (1902)

Dans le domaine de l’architecture, c’est bien les lignes et les formes épurées en courbe de l’art nouveau qui vont séduire les architectes. Le Jugenstil, un mouvement artistique moderniste allemand équivalant de l’art nouveau, allie à la fois lignes claires, symétries et ornements.

C’est avec les architectes membres de la Sécession que ce style architectural va émerger à Vienne. Otto Wagner, Josef Hoffman et Josef Maria Olbrich en sont les principales figures, et nombre de leurs constructions sont parmi les plus emblématiques de la ville : l’église Saint-Léopold am Steinhof (aujourd’hui considérée comme une des églises les plus importantes du XXème siècle), la Stadtbahn (un arrêt de métro), la Majolikahaus (un immeuble richement décoré) ou encore le pavillon de la Sécession. Ouvrage de l’architecte Josef Maria Olbrich, ce bâtiment est devenu le symbole de ce groupe d’artistes. Il renferme par ailleurs une peinture de Klimt, La frise de Beethoven.

Wien.info / Photographie de l'église Saint-Léopold am Steinhof
wienmuseum.at / Photographie de la station de metro Karlsplatz
Pinterest.fr / Photographie de la Maison des majoliques
easyvoyage.com / Photographie du Palais de la Sécession

Quant à la peinture, elle occupe une place majeure dans ce groupe, ainsi que dans cette Vienne audacieuse. Les principales figures des peintres de l’époque sont Gustav Klimt, au style unique, sensuel et provocant (dont les œuvres les plus connues sont Le baiser et Portrait d’Adèle Bloch-Bauer), mais également Otto Eckmann et Koloman Moser. Plus tard, ce seront les expressionnistes Egon Schiele et Oskar Kokoschka qui continueront à innover, le groupe s’étant dissous.

repro-tableaux.com / Le baiser, par Klimt, entre 1908 et 1909
Artsy.net / Autoportrait à la chemise rayée, par Egon Schiele, en 1910

La littérature et la «jeune Vienne»

Parallèlement à l’architecture et la peinture, la littérature contribue aussi à cet élan de dynamisme artistique. Le mouvement littéraire « jeune Vienne » (Jung-Wien en allemand) est créé en 1891 par Hermann Bahr. Réunis dans le café Griensteidel, les jeunes écrivains symbolistes recherchent l’esthétisme, la perfection, la modernité, l’avant-gardisme et prônent l’idée de l’art pour l’art.

Les membres les plus connus sont Arthur Schnitzler, Felix Salten (le père littéraire de Bambi) et Stefan Zweig.

C’est au même moment que le très controversé Sigmund Freud fondera la psychanalyse. Les concepts freudiens seront beaucoup critiqués, comme le complexe d’Œdipe ou ses théories sur les rêves dans L’interprétation du rêve.

 

Wikipedia.org / Photographie de Sigmund Freud (1921)

Vienne musicale

Dans le domaine de la musique, Vienne n’est pas en reste. Depuis le XVIIIème siècle, l’histoire de la musique s’est écrite dans la ville avec, entre autres, les illustres Mozart, Beethoven, Schubert, Brahms et Haydn. Vers 1900, Gustave Malher, alors directeur de l’opéra de Vienne, prédomine le paysage musical. Or, un mouvement musical émerge, « la seconde école de Vienne », créé par Arnold Schonberg et ses deux élèves Alban Berg et Anton Webern. Leur objectif était de créer une nouvelle ère musicale, en s’opposant à l’esthétique romantique.

Olyrix.com / L'opéra d'Etat de Vienne