Vers une guerre russo-ukrainienne imminente?

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Sukhoi-35 russe

Les origines du conflit

Depuis la chute de l’URSS en 1991, l’Ukraine est un pays divisé en deux principales mouvances. D’un côté, les pro-ukrainiens veulent s’émanciper de la Russie et s’ouvrir pleinement aux marchés Européens et Occidentaux (Euromaïdan), et d’un autre coté les pro-russes, qui revendiquent l’appartenance de l’Ukraine à la Russie. En 2014, les pro-russes annexent la Crimée avec l’appui militaire des Russes. Les deux mouvances se font face dans le Donbass et un conflit armé meurtrier débute. Malgré les très nombreux cessez-le-feu, signés par les deux camps, les combats n’ont jamais vraiment arrêté. Depuis le début de l’année, les pro-ukrainiens ont perdu 28 de leurs hommes et les séparatistes font état d’une vingtaine de morts.

Une histoire qui semble se renouveler

Mais depuis quelques semaines, des troupes russes avancent en direction de la frontière Ukrainienne. En effet, le 6 avril 2021, les réseaux sociaux ont relayé des vidéos de mortiers automoteurs russes 2S4 Tulpan, dans un convoi ferroviaire en direction de l’Ukraine. Ces mortiers, entrés en service en 1960, possèdent un canon de 240 mm et peuvent tirer des charges explosives, incendiaires mais aussi nucléaires. Outre ces engins, il y avait également des T-72, un char d’assaut russe qui peut aller jusqu’à 44 tonnes ainsi que des missiles balistiques (Iskander) ou encore des systèmes anti-aériens (S-400).

Angela Merkel, la chancelière allemande, qui est impliqué dans cette crise au même titre que la France, a demandé aux dirigeants russes de désengager les troupes russes à la frontière « dans un objectif de désescalade ». Pour rappel, Angela Merkel et François Hollande, étaient allés en 2014 à Kiev puis à Moscou, dans le but d’appeler les dirigeants à trouver une solution par la voie diplomatique. De leur côté, les Russes dénoncent des « provocations qui visent à aggraver volontairement la situation sur la ligne de contact ».

Ainsi, la perspective d’un arrêt des tensions semble être vouée à l’échec. Néanmoins, le chef d’état-major des armées ukrainiennes, le général Khomtchak, exclut la perspective d’une offensive armée dans le Donbass : « La libération des territoires occupés par la force conduira inévitablement à la mort d’un grand nombre de civils et de pertes parmi les militaires, ce qui est inacceptable pour l’Ukraine ».

Depuis la guerre du Donbass, c’est la plus grosse concentration de troupes russes à la frontière russo-ukrainienne. C’est dans un contexte de « vérification et contrôle de l’état de préparation au combat », annoncé par le ministère Russe de la Défense (qui comprend plus de 4 000 exercices militaires), que la division sud des forces armées russes a annoncé le transfert de 10 navires de la base Makhachkala en mer Caspienne vers la flottille de la mer Noire. Cette dernière, pourtant très bien pourvue en termes de matériel et d’hommes, va recevoir en majorité des navires de débarquement, dont l’usage permet un débarquement rapide sur la terre, de troupes et de matériels tels que des chars de combat, ou encore des pièces d’artillerie.

Ce n’est pas la première fois que la flottille de la mer Caspienne se déleste en navire. En effet, en 2018, cinq navires ont emprunté le canal Volga-Don, afin de garnir les troupes de la mer Noire. Le ministère russe de la Défense avait alors justifié ce déplacement comme indispensable pour se prémunir de toute attaque ukrainienne contre la Crimée. Aujourd’hui, ces déplacements visent à « tester la capacité à repousser des forces d’assaut navales et aéroportées ».

Quoi qu’il soit, cela s’inscrit dans une chronologie d’événements qui témoignent de l’accroissement des tensions entre ces deux pays, qui pourra dans un futur proche dégénérer en conflit armé. C’est dans cette perspective que l’Ukraine entend accélérer son processus d’adhésion à l’OTAN (alliance militaire entre des pays occidentaux, dont les USA et la France), afin d’envoyer un signal clair à la Russie de sa volonté de s’en émanciper.

Le secrétaire général de l’OTAN, J.Stoltenberg a par ailleurs, pendant une rencontre avec le chef de la diplomatie ukrainienne, déclaré que « Le renforcement militaire considérable de la Russie est injustifié, inexplicable et profondément préoccupant. La Russie doit mettre fin à ce renforcement militaire en Ukraine et autour de l’Ukraine, arrêter ses provocations et cesser toute escalade immédiatement ». Cela montre l’intérêt que les dirigeants Européens et Occidentaux, portent à cette crise. De plus, les Etats Unis ont placé leurs troupes présentes sur le sol européen en situation d’alerte « crise imminente potentielle », ce qui se traduit par une préparation à un potentiel contact armé avec des troupes ennemies.