Fukushima — Retour sur l’incident nucléaire 10 ans plus tard

Partager ce sujet →

Un groupe d'experts près de la centrale en 2013 / Photo via IAEA Imagebank (CC BY-SA 2.0)

Il y a plus de 10 ans, le 11 mars 2011, l’incident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon avait lieu. Conséquence du tsunami engendré par un séisme de magnitude 9,1 sur l’échelle de Richter — soit le plus puissant de jamais enregistré sur l’archipel nippon — cet incident nucléaire s’inscrit alors comme la seconde catastrophe nucléaire de l’histoire, du niveau le plus élevé sur l’échelle internationale des évènements nucléaires, après celle de Tchernobyl en 1986. Encore de nos jours, la préfecture de Fukushima peine à relancer une part de son économie, tandis que le retour des milliers d’individus déplacés à cause des radiations ne semble pas entièrement envisageable. Retour sur les évènements historiques de cet incident majeur, et de son impact sur la région encore à l’heure actuelle.

Retour sur les évènements

Le 11 mars 2011 à 14 h 46 heure locale, a lieu le plus puissant tremblement de terre de l’histoire du Japon, le séisme de la côte Pacifique du Tōhoku. Bien que celui-ci soit de magnitude 9,1 sur l’échelle de Richter — à savoir l’une des valeurs les plus élevées — l’archipel nippon est réputé pour ses infrastructures antisismiques, si bien que cet incident ne sera, en comparaison du reste des événements, que responsable d’une part minime des dégâts humains. Pourtant, 1 heure après cette catastrophe déjà majeure, un tsunami de 15 mètres de hauteur se déferle sur la côte Est du nord de l’île d’Honshu. Conséquence indirecte du séisme, celui-ci sera au total responsable de la mort de 20 000 personnes, de même que d’innombrables blessés.

Parmi l’ensemble de ces dégâts, la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est aussi sévèrement touchée par le séisme et le tsunami. En effet, alors que le séisme et le tsunami ont endommagé les cœurs de fission et l’accès au liquide de refroidissement, c’est entre le 12 et le 15 mars 2011 que quatre des six réacteurs de la centrale entrent en fusion, les deux autres, plus récents, étant mieux équipés pour parer une telle catastrophe. Ainsi, cette fusion des réacteurs libère une substance appelée corium — du magma métallique et radioactif qui s’échappe du cœur du réacteur qu’en cas d’incident nucléaire majeur — ce qui entraîne la surchauffe et l’explosion des différentes structures, ainsi que la libération d’une grande quantité de particules radioactives dans l’air. Suite à l’annonce de ces évènements, le gouvernement japonais décide de déclencher l’état d’urgence nucléaire et l’évacuation de plusieurs milliers de personnes dans un vaste périmètre de 3 km autour de la centrale se met en place. Ce cataclysme bouleverse ainsi l’archipel et le reste du monde, tout en suscitant un doute global quant aux risques de la fission nucléaire. 

Image satellite de la catastrophe / Photo via www.extremetech.com

Quel état 10 ans après?

Encore de nos jours, la préfecture peine à relancer une part de son économie. En effet, les déplacements majeurs des populations locales ont entrainé un abandon des commerces, lieux de loisirs et plus globalement, de tout ce qui fait habituellement tourner une économie. Bien que les radiations aient nettement diminué depuis 10 ans, il n’empêche qu’elles demeurent assez fortes dans certaines zones pour dissuader les individus de s’y installer à nouveau. Le retour des populations ne semble pas entièrement envisageable à l’heure actuelle, la plupart des locaux ne souhaitant pour la plupart ne pas retourner dans cette vaste zone qui leur procure de la peur et de la

Concernant le cœur des réacteur, certains experts affirment qu’il faudra encore plus de 30 ans avant que ceux-ci ne soient entièrement nettoyés des dommages nucléaires. Pour sa part, l’entreprise propriétaire de la centrale, Tokyo Electric Power Co. (TEPCO), prévoit également que les travaux qui dureront des décennies pour retirer le combustible nucléaire, environ 900 tonnes de débris de combustible fondu, éliminer l’eau de refroidissement contaminée et démanteler les quatre réacteurs, coûteront au gouvernement 76 milliards de dollars, voire plus, selon le magazine Science. Quoi qu’il en soit, cet évènement nucléaire aura marqué le monde entier de par son ampleur, si bien que certains gouvernements, comme l’Allemagne par exemple, ont finalement décidé de définitivement sortir de la fission nucléaire.