La responsabilité environnementale par nos politiques actuels

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Les rencontres politiques pour le climat sont-elles suffisantes ? / Image de fond par Ludovic Marin, AFP.

En novembre 2021 s’ouvrira la vingt-sixième Conférence des Parties (COP26), le temps venu de dresser le constat désastreux des engagements non-tenus. La France, et de nombreux pays signataires des Accords de Paris lors de la COP21 à Paris en 2015, n’a pas atteint l’objectif visant la stabilisation de l’augmentation de la température à 1,5°C par rapport à l’ère préindustriel (si on ne change rien, l’augmentation estimée d’ici la fin du siècle est de 6 à 7°C).

Le 11 janvier 2021, Paris accueillait le sommet international, One Planet Summit pour la biodiversité, afin de relancer la diplomatie verte après la crise sanitaire de 2020. Les intervenants, ministres, associations, chefs d’entreprise, y ont échangé sur l’Environnement par vidéo-conférence. Le One Planet Summit marque le début d’une longue liste de rendez-vous politiques en 2021, comme la COP15 sur la biodiversité, qui devrait avoir lieu en Chine, le congrès international de l’UICN, ou bien encore la COP26 à Glasgow.

À l’échelle mondiale, les préoccupations environnementales ne cessent de s’immiscer dans l’Opinion publique.

La prise de pouvoir du démocrate Joe Biden le 20 janvier 2021, qui fait de lui le Président des États-Unis d’Amérique, sonne comme une bonne nouvelle pour la planète. En effet, il a déjà signé, le jour de son investiture, un retour de son pays, la première puissance économique mondiale et le deuxième plus grand émetteur de CO2 en 2018, dans les Accords de Paris, desquels son prédécesseur, Donald Trump était sorti. En mars 2020, partout dans la planète et dans plus de deux cents villes françaises, on manifestait pour le climat et contre le manque d’actions prises face au dérèglement climatique, on marchait pour se « réveiller » et agir dans la lutte contre la destruction de notre unique planète, la Terre. Un autre indicateur de cette montée de la pensée verte (la préservation de l’Environnement) dans l’Opinion publique se fait ressentir en France, à savoir la proportion de candidats avec des discours et un programme en faveur de l’écologie (EELV / PS…) qui sont sortis vainqueurs, à la tête des mairies des grandes villes : le Paris d’A. Hidalgo (PS), le Marseille de B. Payan (PS), le Lyon de G. Doucet (EELV), le Grenoble d’E. Piolle (EELV), le Strasbourg de J.Barseghian (EELV) …Il est certain que ce besoin du peuple a été entendu par les dirigeants politiques, certain que le peuple veut donner une partie du commandement local aux défenseurs de l’environnement. Mais la croissance du nombre de ces réunions, au cours desquelles de longues situations dramatiques sont exposées, mène-t-elle réellement à des actions concrètes qui diminuent notre impact climatique ? Les comités Théodule, néologisme du Général de Gaulle pour décrire des comités toujours plus nombreux et toujours moins efficaces, ne sont-ils pas revenus en force sur la question de l’écologie ? Ne nous cachons pas encore derrière des discussions, pour couvrir un manque d’action… et peut-être un manque de volonté. Décryptons ce phénomène politique et social : de l’action coordonnée mondiale jusqu’aux initiatives locales des collectivités françaises.

One Planet Summit : une instance mondiale

Lundi 11 janvier 2021, s’ouvrait en ligne et à Paris, le sommet international : One Planet Summit (OPS) pour la biodiversité. En présence du Président de la République française, Emmanuel Macron, des directeurs du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), A. Larigauderie et N. Ash, ainsi que d’autres dirigeants mondiaux tels que le Premier Ministre canadien, J. Trudeau ou celui du Royaume-Uni, B. Johnson, ont tous ensemble débuté 2021 par le constat du retard pris sur les engagements passés, et ont par ce sommet et ces discussions tenté de relancer la diplomatie verte. Dans ses propos d’introduction, Emmanuel Macron rappelle à tous les engagements de la communauté internationale lors du sommet d’Aichi en 2010. Sur les vingt « objectifs d’Aichi », comprenant la réduction de la population, la lutte contre la déforestation, ou bien encore la protection des espèces, aucun n’est atteint d’après Emmanuel Macron, et , selon l’article de K. Zimmer pour National Géographic.

« D’ici à 2020, l’extinction d’espèces menacées connues est évitée et leur état de conservation, en particulier de celles qui tombent le plus en déclin, est amélioré et maintenu. »

 

Article C.12, Objectifs d’Aichi.

La communauté internationale n’a pas su tenir ses engagements, elle n’a pas su agir après de longs discours…, alors pourquoi ces sommets continuent-ils… Il serait trop tôt pour dresser un bilan de la réaction des nations après ce premier sommet de 2021, mais il y a peu de doutes pour la jeune militante Greta Thunberg qui dénonce du « bla-bla » sur Twitter. 

Une partie du programme de ce sommet était consacré à la Grande Muraille Verte (GMV), projet de 2002 qui consiste à créer, en Afrique, une protection (un mur d’arbre) pour lutter contre la désertification. Le financement de ce projet est long, car les pays en développement au sein desquels cet outil s’installerait ne peuvent amasser assez de milliards pour la construction sans aide.

Certaines prises de paroles des dirigeants peuvent sans aucun doute laisser à nos sociétés et nos classes politiques la marge de changer. Les constats de cette situation ne peuvent plus rester sans action. Ainsi, l’autosuffisance des uns et l’absence de reproches, qui seraient pourtant mérités, à d’autres, décrédibilisent le combat essentiel en faveur de la Nature. L’Opinion publique est déçue. Les représentants politiques s’éloignent des citoyens, la confiance s’émiette.

Nous n’atteindrons pas un véritable équilibre avec la nature, avec notre planète, si nous ne protégeons pas également la nature”

 

intervention de B. Johnson — Premier Ministre du Royaume-Uni au OPS, rapportée par Camille Crosnier dans sa chronique « Camille passe au vert » sur France Inter.

La Convention citoyenne pour le climat : une instance nationale participative

Ce mercredi 20 janvier, le garde des sceaux, E. Dupond-Moretti a présenté à l’ensemble des ministres le projet de loi qui se veut réviser la Constitution pour insérer, dans le texte régisseur de notre société, les enjeux environnementaux modernes. Engagement d’E. Macron, cette modification devrait être votée par tous les français lors d’un référendum, si sa mise en place est acceptée par le Parlement. Ainsi il serait textuellement ajouté à la Constitution : La France « garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique ». Cette mention suit le déroulé logique du quinquennat, qui intervient après la mise en place de la Convention citoyenne pour le climat, en octobre 2019, sous la coupole du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE). Ce dernier est une assemblée de 150 citoyens tirés aux sorts, qui ont proposé, en juillet 2020, cent-quarante-neuf propositions, allant de la réduction des émissions de gaz à effet de serre sur les autoroutes et voies rapides (en abaissant la vitesse maximum autorisée à 110km/h au lieu des 130km/h : estimant[espérant ?] ainsi une réduction réelle de 20% des émissions en moyenne) à la création d’un label européen (indiquant clairement la pollution générée par un produit, sa recyclabilité et le taux de matière recyclée dans sa composition / fabrication). C’est aussi le collectif de citoyens qui ont rédigé et proposé cette modification constitutionnelle, reprise à peu près dans les mêmes termes. Le plan de relance, annoncé en octobre 2020 par le Gouvernement, garantit que 20% des mesures  de la Convention sont déjà mises en place, ou sur le point de l’être. Mais le pouvoir exécutif n’est pas le seul à devoir agir et mettre en vigueur les propositions de la Convention. Le site en ligne Reporterre estime que seulement 5% des propositions en plus peuvent être mises en place dès maintenant (souvent des campagnes de sensibilisation) et surtout que 40% doivent passer entre les mains des parlementaires. Ainsi le projet de loi qui résulte de cette convention citoyenne devrait voir le jour d’ici peu, la rédaction ayant commencé en novembre 2020. 

Le processus législatif est long, mais l’action est en cours. La France, par le biais de son Président et le travail de la Convention, du CESE et des ministères, agit en faveur de l’Écologie. De plus, ce fonctionnement novateur, créateur d’une nouvelle forme de démocratie, au sein de laquelle l’écoute directe de la voix des citoyens mène à la création de loi, promet un avenir où la prise en compte des faits et les actions prennent la place des belles paroles de politiciens, sur des engagements de campagne ou sur de longs sommets de dirigeants au final bien souvent incapable d’agir.

Les Assises de la transition écologique d’Orléans Métropole : s’adapter localement pour répondre à des enjeux climatiques mondiaux

Orléans Métropole, agglomération de vingt-deux communes du Loiret, avec plus de deux-cent-quatre-vingt-mille habitants en 2017, organise, en janvier, les Assises de la transition écologique. Un rendez-vous local où Serge Grouard (LR), Président-délégué d’Orléans Métropole, chargé de la « transition énergétique et de la biodiversité », et maire de la ville d’Orléans, a ouvert les Assises en insistant sur « l’urgence » d’agir dès à présent en faveur de l’écologie. Sur les quatre mois que dureront cet accompagnement intercommunal, tous et toutes peuvent apporter des initiatives et les faire labelliser afin de bénéficier d’un appui logistique et d’un porte-voix. Elles font également office d’outil d’unité, entre les élus, les associations et les habitants de la collectivité. Elles constituent la preuve d’une prise de considération des enjeux climatiques, et mettent surtout en lumière le fait que notre société a conscience de son rôle à jouer dans cette transition.

Les Assises prônent alors une coopération multiscalaire, une collaboration entre les villes et leurs habitants, entre les départements et les régions, entre les nations de l’Union Européenne et celles du monde entier, car la préservation de notre environnement doit être l’affaire de tous.

Elles se séparent en différentes thématiques : l’alimentation, la gestion de l’eau et la prévention du risque des inondations, la transition et la rénovation énergétique, la réduction des déchets ainsi que la mobilité, entre autres.

Pour l’instant, l’agenda des Assises est bien rempli avec pas moins de soixante-dix-neuf événements. Le bilan sera adressé plus tard, mais les projets et l’ambition politique étant de la partie, rien ne devrait arrêter ce combat en marche et tout ce qui est possible devrait bientôt être mis en place, à plus ou moins long terme, pour préserver notre environnement et agir en symbiose avec la nature et en faveur de celle-ci.

Ma conclusion

La « réaction par principes » mise en place par nos dirigeants politiques n’est pas efficace. C’est une perte de temps collective, qui pourtant ne semble pas les pousser à agir davantage. Il ne suffit plus de se réunir à 7, à 27, ou bien à 196. Il faut agir tous ensemble, chacun à son échelle, agir à plus de 7,8 milliards : qu’on soit dirigeants, patrons, associations ou citoyens : il faut agir pour notre planète. 

Nous nous devons d’écouter les paroles sages de W. Churchill, celles de cet homme politique du siècle passé, pour espérer vivre dans un siècle futur : « mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge ».

Le changement est engagé sur le terrain, au cœur de nos villes et de nos campagnes, avec le soutien des collectivités et de l’État. Il est amené par les citoyens soucieux de leur avenir : les avancées doivent être une réaction rapide et les populations doivent s’adapter localement. La démocratie participative, grâce à laquelle le peuple a le pouvoir d’agir entre les mains, est essentielle pour notre société future, même si elle ne doit pas effacer les autres formes de pouvoir. Il faudra collectivement, entre les dirigeants, les savants et les habitants, créer un espace de vie respectueux de la nature.

Sources : meteofrance.com / franceinter.fr / transition.orleans-metropole.fr / nationalgeographic.fr / statista.com / elysee.fr