L’incident du Capitole, un miroir de la fragile démocratie américaine?

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Assaut du Capitole des États-Unis, le 6 janvier 2021. / Photo par Tyler Merbler.

Le 6 janvier 2021, date à laquelle le Sénat américain devait se prononcer et certifier la victoire de Joe Biden, fut finalement une bien plus longue journée que prévue qui restera dans les esprits. Des partisans de Donald Trump ont perturbé la séance au Capitole en s’introduisant dans le monument pendant plusieurs heures. On dénombre 5 morts dont 1 policier suite aux affrontements. Afin de mieux comprendre, voici ce qu’il s’est produit chronologiquement.

Un appel de Trump à manifester ayant dégénéré

Le président Trump ayant subit une cuisante défaite lors de l’élection présidentielle, et contestant les résultats avait appelé ses partisans en ce 6 janvier à se réunir à l’Ellipse, une place près de la Maison Blanche vers 10h pour ensuite marcher jusqu’au Capitole. La manifestation a dégénérée vers 13h et certains pro-Trump ont réussi à briser des vitres et à s’infiltrer dans l’un des bâtiments les plus importants des États-Unis. En effet, le bâtiment abrite les deux chambres du Parlement, à savoir la Chambre des représentants et le Sénat . Des émeutes ont également eu lieu en dehors du Capitole, près de l’entrée. Les débordements ont submergé la police, ce qui a provoqué l’intervention suite à l’infiltration de manifestants de la Garde Nationale qui a rétabli l’ordre une heure après l’entrée des militaires dans le Parlement. 

Quel est le profil des "insurgés" entrés dans le Sénat?

Les pro-Trump s’étant infiltrés dans le Sénat appartiennent à des mouvements complotistes, en particulier celui du QAnon, un mouvement né en 2017 sur un forum et qualifié par le FBI en 2018 comme du terrorisme intérieur. Un article publié il y a quelques mois permet de mieux comprendre cette dangereuse organisation, aujourd’hui bien implanté dans le monde politique.

La situation est-elle revenue à la normale ?

On ne peut pas vraiment dire que la situation soit redevenue normale à Washington. En effet, un couvre-feu à 18h à été instauré suite aux débordements jusqu’à l’investiture du futur Président démocrate Joe Biden. Certains grands axes sont bloqués avec des camions blindés et on dénombre 20 000 militaires déployés dans la ville jusqu’au 20 janvier, dont plusieurs centaines positionnés jour et nuit dans le Capitole, dormant à même le sol.

Garde Nationale américaine, sécurisant le Capitole le 13 janvier 2021. / Photo par la Garde Nationale.
Garde Nationale américaine, sécurisant Washington, le 16 janvier 2021. / Photo par la Garde Nationale.

Que peut-on en tirer ?

Il est clair que l’on ne peut qualifier cet acte de putsch, puisqu’en effet, aucune des personnes ayant fait irruption dans le Parlement ne s’est proclamée Chef du gouvernement. En revanche, cet évènement demeure symbolique et rappelle tant les démocraties sont des systèmes fragiles. Il intervient dans un contexte fort de passation de pouvoir en pleine crise du Coronavirus, frappant de plein fouet les États-Unis. Cette situation n’est pas un hasard puisque la crise a creusé les inégalités au sein du pays, certains deviennent ainsi méfiant envers le gouvernement en place et ses institutions, ce qui fait grimper en popularité l’extrême-droite dont se réclament certains mouvements suprémacistes et néonazi américains.