L’esport : Expliqué en Chiffres et Dates-clés

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Tournoi d'esport de l'ESL One à Cologne, en Allemagne. / photo via vakarm.net

Mais avant tout, l'esport c'est quoi?

L’esport désigne la pratique de jeux vidéo à haut niveau. Seuls ou en équipes, les joueurs s’affrontent lors de compétitions sur Internet, ou directement en LAN. Ces LAN sont des compétitions physiques rassemblant les joueurs dans le but de s’affronter sur place. Un réseau local est alors utilisé, contrairement aux compétitions en ligne qui requiert une connexion Internet.

L’esport voit le jour à la fin des années 80 aux USA. Au début pratiqué par un cercle plutôt fermé de joueurs, c’est dans les années 2000 que tout s’accélère. L’esport se développe à une telle vitesse, qu’on pourrait même parler ici d’âge d’or. Plus de joueurs, d’équipes, d’organisateurs, de spectateurs et de gains viennent permettre à l’esport d’être enfin reconnu comme une vraie discipline sportive. Des syndicats de joueurs se créent, les équipes construisent des locaux, les joueurs sont suivis par des coachs physiques et mentaux, les compétitions attirent de plus en plus de spectateurs… Finalement, l’organisation générale de l’esport s’inspire largement de ses confrères que sont par exemple le football, le basket-ball ou encore le tennis. Bref, vous l’aurez compris, le cliché de l’adolescent obèse, déscolarisé et passant ses journées devant son ordinateur n’est plus d’actualité, et ne l’a sûrement jamais été.

L’attention récente des médias s’étant naturellement porté sur l’esport, il est aujourd’hui fréquent de voir de nouveaux articles ou émissions l’ayant pour sujet. Cependant, certains médias mal renseignés diffusent parfois des informations erronées, voire mensongères. Afin de démêler le vrai du faux, TheCuriosity vous propose aujourd’hui de revenir sur les chiffres et dates-clés récentes de l’esport.

15 000

En 2019, lors de la septième édition de l’ESL One Cologne, plus de 15 000 spectateurs se sont rassemblés dans les gradins de la LANXESS arena. Plus grande salle intérieure d’Allemagne, toutes les places furent occupées, et cela pour la quatrième année consécutive. L’ESL One Cologne est considéré comme la plus grosse compétition esport de la franchise Counter-Strike: Global Offensive, également appelé CS:GO. Jeu de tir à la première personne alliant mécaniques de jeu et stratégie, il est particulièrement apprécié dans les pays tels que la Russie, la France, le Danemark ou encore les USA. Étonnamment, les pays asiatiques peinent à se faire une place de choix sur CS:GO parmi les leaders européens.

3 000 000 000

En 2022, l’esport rapportera trois milliards de dollars, pour l’ensemble de la discipline. En pleine expansion, l’esport rapportait 666 millions de dollars en 2017, soit une somme multipliée par 4,5. L’esport est aujourd’hui un marché très lucratif, ou il devient de plus en plus intéressant d’y investir. Des investisseurs sont prêts à placer une partie de leur argent sur ce sport, beaucoup d’argent même. En 2019, Vitality, une structure française, a levé 34 millions d’euros grâce à leur investisseur Indien Tej Kohli.

16 juillet 2021

En 2020, conséquence de la crise sanitaire que connaît le monde actuellement, la septième édition de l’ESL One Cologne s’est jouée sur Internet, et non pas en LAN dans la LANXESS ARENA comme il est d’habitude. Le public ayant réservé ses places pour la compétition s’est vu obligé de revenir l’an prochain, le 16 juillet 2021. Les tickets de l’édition 2020 restants valides pour l’édition 2021. La compétition, s’est donc joué exclusivement sur Internet, avec un système de régions pour éviter les latences entre les continents.

180 000

En 2019, Fabien Devide, PDG de la structure esport numéro 1 en France, Vitality, était au micro d’Europe1. La question récurrente des médias “combien un joueur d’esport gagne-t-il ?” fut posée au jeune entrepreneur. Sa réponse, environ 180 000 euros par an. Soit l’équivalent de 15 000 euros par mois. Cette somme correspond au salaire des joueurs du jeu League of Legends, comme le précise Fabien Devide. On peut cependant s’attendre à des sommes équivalentes pour les joueurs de DOTA 2, CS:GO, ou Fortnite. Bien entendu, ce genre de salaire n’est réservé qu’a l’élite des joueurs esportifs, peu nombreux comparativement à l’ensemble des joueurs.

3 000 000

En 2019, le joueur américain Kyle Giersdorf, alias Bugha, remporta le titre de champion du monde sur Fortnite. Âgé de seulement 16 ans lors de sa victoire, il fut récompensé de 3 000 000 de dollars. Du moins, avant taxation… En effet, l’État de New York et le gouvernement américain se sont vus reversés 1 500 000 dollars, soit 50% de la somme. Au total, 30 000 000 de dollars étaient mis en jeu lors de la coupe du monde. Avec 54 154 dollars de plus que Fortnite, Dota 2 détient le record du plus gros cash prize (argent) jamais mis en jeu.

18

En 2020, Mathieu Herbault, jeune joueur de Counter-Strike: Global Offensive, est élu meilleur joueur de l’année par HLTV. Premier site de couverture de la franchise CS :GO, le site danois est aujourd’hui considéré comme la plateforme leader d’actualités du jeu édité par Valve. HLTV intervient dans les compétitions, propose un classement des équipes, les résultats des matchs, et plus encore. Chaque année, HLTV élue les 20 meilleurs joueurs mondiaux de CS:GO. L’an dernier, c’est le Français Mathieu Herbault, alias ZywOo, qui a remporté le titre de meilleur joueur au monde, alors âgé de 18 ans et après 1 an au plus haut niveau. À titre de comparaison, le meilleur joueur au monde de l’année 2018 était âgé de 22 ans et avait déjà effectué plusieurs années à haut niveau lors de sa nomination.

72

En 2018, l’esport était pratiqué en moyenne par 72% d’hommes, et donc 28% de femmes, soit à peine un tiers. Même si la tendance est loin de s’inverser, les femmes se font au fur et à mesure du temps une place de choix dans ce milieu majoritairement fréquenter par les hommes. On retrouve par exemple des équipes exclusivement féminines, voire des tournois organisés entre femmes. L’esport accueille par ailleurs des commentatrices et journalistes féminines. Contrairement aux sports traditionnels, les femmes sont tout à fait autorisées à rejoindre une équipe d’homme, aucune disparité des genres n’étant présente.

30

En 2020, la retraite des joueurs esportifs est un réel défi. La reconversion étant parfois dure voire impossible, la plupart des vétérans préfèrent rester dans le domaine du jeu vidéo. Autre point commun avec le monde sportif traditionnel, c’est vers la trentaine que les joueurs esportifs se posent de réelles questions sur leur avenir. Certains voient leur capacité en jeu diminuée, tandis que d’autres rêvent tout simplement de nouveaux horizons. Beaucoup se reconvertissent en tant que coach, voire créent même leur propre structure esportif. Concrètement, la plupart des retraités de la scène esportif gardent toujours un pied dans celle-ci.