L’ubérisation, expliquée.

Partager ce sujet →

Un concept poussant la société à redéfinir le rapport entre le vendeur et son client. / Image par @charlesdeluvio via unplash.com.

Avez-vous déjà entendu parler de ce concept qu’est l’ubérisation ? Ce phénomène et modèle économique récent de notre société ayant instauré un nouveau rapport entre le client, le prestataire & l’entreprise. Si cette nouvelle façon de penser la société était inconnue de tous il y a seulement quelques dizaines d’années, elle est aujourd’hui au cœur de nombreuses sociétés internationales façonnant nos quotidiens : AirBnB, Vinted et bien évidemment Uber en font notamment parti. Si les avantages que ce nouveau modèle sont nombreux, celui-ci soulève aussi des interrogations quant à la façon dont notre société pourrait en subir les conséquences.

Quel est son principe ?

Si le principe même de l’ubérisation consiste à simplifier – à grande échelle – le lien entre le client et le prestataire, il est important d’apporter quelques précisions. En utilisant ce principe, une entreprise possède certaines caractéristiques. La principale étant une plateforme entièrement numérique, permettant ainsi une réactivité maximisée et la mise en relation – entre l’individu qui propose son service et celui qui le reçoit – quasiment instantanée. Un système de notation à deux sens est également au cœur de la relation entre les deux individus.

” Disruption rapide de modèles économiques existants, par des plateforme numérique de confiance, sans infrastructure physique ni opérateurs, et centrés sur le client”

  • Clément Bertholet dans Ubérisons l’État, avant que d’autres ne s’en chargent.

Concernant le modèle économique de ces sociétés, la plupart se basent sur un système de commissions – directement prélevées sur l’argent envoyé du client au prestataire en échange de son service – qui varient selon les plateformes. Ainsi, après ce prélèvement, les entreprises payent mensuellement leurs utilisateurs par rapport à la valeur des services qu’ils ont vendus pendant le mois.

Représentation simplifiée du modèle économique des entreprises ubérisées.

Quelles entreprises l'ont adopté ?

Puisqu’elle en est aujourd’hui la plus grande de toutes, la multinationale californienne Uber a donné le terme d’ubérisation. Pourtant, elle est désormais loin d’être la seule à utiliser ce modèle économique de simplification. Que ce soit aux États-Unis ou en France, le nombre de start-ups et de sociétés innovantes dans différents domaines tout en appliquant son principe sont nombreuses. Si de l’autre côté de l’Atlantique, AirBnB ou encore Booking.com sont aujourd’hui les leaders mondiaux de l’hôtellerie et du logement, il en est de même pour le français BlaBlaCar ou le lithuanien Vinted en Europe, tout deux cotés à plus d’un milliard de dollars américains et ne cessant d’accroître leur influence partout en sur le continent.

Quels enjeux ?

Si ces entreprises ubérisées font aujourd’hui tant parler d’elles, cela est avant tout dû à ce nouveau lien instauré entre le client et le prestataire. En effet, contrairement aux entreprises ordinaires, le prestataire utilisant la plateforme n’est socialement pas considéré comme un salarié, mais comme un utilisateur sous un statut de travailleur indépendant, aussi appelé en France “micro-entrepreneur”. Ainsi, cet individu ne possède pas de sécurité salariale, ni même de salaire minimum. Les conséquences : des revenus souvent précaires (selon Alternatives Économiques, un chauffeur Uber gagne en moyenne 750€ par mois, pour 70 à 80 heures de travail par semaine). Ainsi, cette absence de sécurité sociale peut être une source de problèmes pour ces travailleurs, notamment en cas de maladie ou de changement de politique tarifaire de la plateforme.

De plus, certaines sont accusées de concurrence déloyale, notamment Uber face aux taxis traditionnels, ayant pour argument principal la licence (dispensable pour les chauffeurs privés d’Uber). Cette concurrence se remarque également dans le secteur de l’hôtellerie, qui subit l’arrivée de ce marché ubérisée. Comme l’exprime Marc Lévy, ayant formalisé l’expression de l’ubérisation,  ce nouveau marché impacte globalement le modèle traditionnel économique à travers cette nouvelle vision moderne, impliquant de nombreux avantages mais aussi des inconvénients.

“L’idée que l’on se réveille soudainement en découvrant que son activité historique a disparue. “

  • Marc Lévy, Financial Times. 

Sources : vie-publique.fr /  essec.edu