Un combat pour la liberté à Hongkong

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Hong Kong, une île chinoise semi-autonome. / Photo par @nextvoyage.

Hong Kong est une petite île au Sud de la Chine qui est souvent considérée comme l’un des territoires les plus riches de la planète. La clé de cette richesse : son statut politique presque unique dans le monde ; cette ville-état est rattachée à la Chine dite “continentale” mais pourtant, elle possède un système politique bien différent de celle-ci, considéré comme plus libérale. Ces différences politiques font, depuis plusieurs mois et années déjà, retentir le monde entier au travers de ces manifestations devenant de plus en plus fréquentes. Ces contestations impliquent plusieurs millions de personnes et sont, à chaque fois, le théâtre de violences extrêmes entre manifestants et autorités locales, faisant plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés à chaque opposition. Alors, pourquoi ces manifestations, si violentes, ont-elles actuellement lieu et comment cette situation de crise pourrait évoluer dans un futur plus ou moins proche?

Localisation de Hong Kong par rapport à la Chine et carte de l'île.

Un lien historique

Pour comprendre pourquoi ces gigantesques manifestions ont lieu, il faut d’abord commencer par comprendre comment Hong Kong est devenue ce qu’elle est aujourd’hui. En effet, l’île chinoise, encore sauvage et majoritairement inexplorée, fut cédée en 1842 à la couronne britannique après la Guerre de l’Opium entre la Chine et le Royaume-Uni, faisant d’elle la première colonie anglaise en Chine, qui plus est très avantageuse pour la Grande-Bretagne en raison de sa localisation. L’île se développera alors très rapidement sous ce nouveau régime ; en effet, Hong Kong s’est d’abord construite sur la base de son excellent port naturel (son nom chinois signifie “port parfumé”) et du commerce lucratif de la Chine, en particulier le trafic d’opium. Mais c’est l’expansion de son territoire, qui a fourni la main-d’œuvre et les autres ressources nécessaires à une croissance commerciale soutenue, qui a fait de Hong Kong l’un des principaux centres commerciaux et financiers du monde. La communauté reste limitée en termes d’espace et de ressources naturelles, et elle est confrontée à des problèmes de surpopulation, de fluctuations commerciales et de troubles sociaux et politiques.

Néanmoins, Hong Kong est devenue forte et prospère sous cette domination britannique. Cette évolution s’explique notamment par la trajectoire politique du Hong Kong britannique, très différente de celle de la Chine continentale, qui est devenue un pays communiste en 1949. Près de 100 000 Chinois ont trouvé refuge à Hong Kong après l’arrivée au pouvoir du parti communiste. Le Hong Kong capitaliste a rapidement connu un boom économique, devenant le foyer d’une communauté multiculturelle et internationale.

Pourtant, après près de 150 ans de règne britannique, le Premier ministre britannique Margaret Thatcher et le Premier ministre chinois Zhao Ziyang signe la déclaration conjointe sino-britannique, convenant que la Chine accorderait à Hong Kong une certaine autonomie politique et sociale par le biais d’une politique “un pays, deux systèmes” pour une période de 50 ans. l’île est alors remise par les anglais à la Chine en 1997, sous cette politique, après quoi, en 2047, la Chine pourra pleinement décider de l’avenir de ce territoire.

Cependant, tout semble changer à partir de 2014, alors que les élections ont été organisées sur la base d’une liste de candidats approuvée par Pékin. Cette politique et d’autres politiques chinoises, comme la récente tentative d’autoriser l’extradition vers le continent, ont conduit à des protestations de masse, ont mis à rude épreuve les relations diplomatiques entre la Grande-Bretagne et la Chine et ont alimenté les inquiétudes croissantes quant au fait que la Chine étouffe la dissidence publique, s’immisce dans la politique locale et érode les droits de l’homme à Hong Kong. Si la crise sanitaire du coronavirus a mis un frein à ces protestations de masse depuis le début de l’année 2020, celle-ci ont repris depuis quelques jours déjà, relançant alors le débat sur le statut politique d’Hong Kong.

Manifestations à Hong Kong.

Comment la situation pourrait évoluer?

L’ampleur de ces manifestations pourrait engendrer deux scénarios possibles pour le futur de l’île :

Le premier serait l’obtention de l’indépendance pour Hong Kong. Celle-ci ne pouvant se faire sans l’intervention des autres États (ainsi que l’ONU) quant à cette question. Cependant, aucun pays ne semble pour l’instant vouloir réellement s’opposer au géant chinois. La scène internationale reste pour l’instant figée par rapport à la situation actuelle de l’île, laissant ses millions d’habitants dans la peur d’un deuxième scénario bien plus dramatique.

Ainsi, le deuxième scénario, plus pessimiste, serait la prise de contrôle de la Chine continentale sur Hong Kong. Cette législation chinoise interdirait la sécession, la subversion, le terrorisme et l’ingérence étrangère après ces mois de protestations massives et souvent violentes sur le territoire semi-autonome. Le chef de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, a déclaré mardi que les libertés essentielles qui ont fondé ce qu’est l’île aujourd’hui seraient maintenues. Mais il est “difficile de voir comment Hong Kong peut rester un centre financier si la Chine prend le relais”, a déclaré Kayleigh McEnany, secrétaire de presse de la Maison Blanche, lors d’un briefing, en précisant que cet avertissement venait directement du président Donald Trump.

Sources : britannica.com / hongkong.net / nationalgeographic.com