Vivre dans le danger d’un air pollué

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India Gate de Delhi sous la pollution en Août 2018, la saison où la pollution est moindre qu'en Hiver.

Que ce soit Paris, Londres, Tokyo ou New York, ces mégalopoles sont toutes très polluées en raison de leur taille gigantesque où cohabitent des millions d’individus. Cependant, aucune d’entre-elles ne rivalise avec la capitale indienne, New Delhi. La ville a été qualifiée depuis 2015 de “ville la plus polluée dans le monde” par l’Organisation Mondiale de la santé, avec un nombre de particules fines, nommées PM2.5 et dangereuses pour la santé, loin devant les recommandations et presque 7 fois plus haut que la capitale chinoise, Beijing. Comment en est-on arrivé à cette alarmante situation? Quels sont alors les effets sur la santé des delhiites?

Comment?

Depuis près de 40 ans, l’Inde ne cesse de se développer. De nombreux changements sociaux ont lieu très rapidement d’année en année, si bien qu’une classe moyenne commence à voir le jour. De même, l’introduction d’une politique économique plus libérale, l’internationalisation du commerce et de la production, la modernisation des infrastructures urbaines et des systèmes de transport et de communication permettent notamment à l’Inde d’accéder au statut de pays émergent. L’Inde se lance alors progressivement dans la globalisation.

Cette nouvelle dynamique que prend le pays peut être directement reliée à la pollution de la capitale indienne, puisque ce développement a entrainé une croissance démographique très forte ; le pays a triplé sa population de 1950 à nos jours, ce qui a poussé les grandes villes a se développer massivement et rapidement, c’est notamment le cas pour Delhi, qui compte aujourd’hui près de 30 millions d’habitants, soit presque la moitié de la population française. Ainsi, les constructions, l’industrie et les transports se démultipliant, les émissions de gaz nocifs et polluants augmentent de même. On compte par exemple plus de 1000 voitures par jour ajoutées aux routes de Delhi. S’ajoutent à cela les paysans des États indiens frontaliers de Delhi brûlant le chaume de leurs cultures à certaines parties de l’année pour nettoyer leurs champs, créant ainsi un mélange de particules, de dioxyde de carbone, de dioxyde d’azote et de dioxyde de soufre s’abattant sur la capitale déjà surpolluée.

Effets sur la santé

Les effets d’un air si pollué sur la santé sont nombreux ; l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a même déclaré que vivre dans une atmosphère semblable à celle de Delhi était comparable à un tabagisme au quotidien.

En effet, la quantité de particules PM2.5 autorisée a dépassé d’environ 20 fois la limite. Ces particules sont fatales puisque suffisamment petites pour atteindre les poumons et, dans certains cas, le système sanguin. Elles provoquent alors des problèmes respiratoires et cardiovasculaires et peuvent être cancérigènes. Aujourd’hui, 8 personnes meurent par jour à Delhi en raison de cette pollution de l’air.

Malgré cette crise écologique se produisant à Delhi, les habitants sont contraints d’y rester puisqu’une grande partie de richesse est créée dans la capitale et les plus pauvres n’ont, de ce fait, aucune raison et moyen de retourner à la campagne. Les gouvernements se succédant, aucun n’a pourtant été en mesure de bâtir un plan durable pour sauver la ville de cette pollution nocive. Toutefois, selon les experts, les habitants de Delhi ont d’autres alternatives. En effet, des options telles que le covoiturage, la plantation d’arbres et l’utilisation des transports publics doivent être prises au sérieux pour réduire l’impact de cette situation, qui au long terme sera fatale aussi bien sur le plan écologique que humain.

Sources : bbc.com / cnn.com / openedition.org / worldpopulationreview.com / thehindu.com