Neuralink : le projet fou d’Elon Musk, expliqué

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Elon Musk, célèbre entrepreneur à la tête du projet Neuralink / Photo via digitaltrends.com

Space X, Tesla, Hyperloop, OpenAI, The Boring Company, toutes ces entreprises ont un point commun, elles sont dirigées par une seule et même personne : Elon Musk. Cet entrepreneur né à Pretoria en 1971 étant connu pour réaliser des projets parfois dignes de films de science-fiction. Pourtant, l’un de ces projets les plus fous possède un autre nom : Neuralink. Retour sur cet objectif de l’entrepreneur, de loin parmi les plus audacieux. Globalement, la technologie de Neuralink est une interface homme-machine – un système nous permettant de contrôler une machine par notre pensée – via un capteur capable d’interpréter notre activité cérébrale. Retour sur son fonctionnement et ses enjeux.

A quoi ça ressemble ?

Plusieurs éléments composent cette interface ; mais pourtant, tout part d’électrodes, qui sont implémentées directement dans le cerveau et placées dans des fils. L’appareil comptera jusqu’à 3000 électrodes, chacune capable d’enregistrer l’activité de plusieurs neurones à la fois. Ces fils, qui mesurent entre 4 et 6 micromètres, sont reliés à une puce qui envoie l’information finale à un boitier placé derrière l’oreille. Celle-ci utilise la technologie répandue du Bluetooth pour transmettre les données à une application mobile.

Fil contenant des électrodes comparé à un cheveu humain. Source : Neuralink.

Il a précisément fallu 24 mois de recherche sur des technologies de pointe pour arriver à une première version officielle de la puce du projet. Neuralink a nommé cette première puce N1 ; le rôle de celle-ci est tout simplement d’amplifier les signaux récupérés depuis les électrodes, les filtrer puis les traduire en une information numérique.

La puce N1 de Neuralink.

Celle-ci est plus petite qu’un grain de café, elle transmet l’information à un boitier situé derrière l’oreille humaine. Neuralink placera sûrement quatre puces dans le cerveau de ses patients : trois dans la zone motrice et un proche des récepteurs somesthésiques, des systèmes sensoriels.

Transmission des puces de Neuralink vers le boitier.

Pour ce faire, l’opération chirurgicale est effectuée par un robot conçu spécialement pour pouvoir implémenter ce système. Ce robot neurochirurgical est capable d’insérer six fils – soit 192 électrodes – par minute. “Chaque fil peut-être inséré individuellement dans le cerveau avec une précision au micromètre pour éviter le système vasculaire de surface et cibler des régions spécifiques du cerveau “, écrit la Société.

Robot de Neuralink destiné aux opération de neurochirurgie.

Comme évoqué précédemment, les informations reçues par le boitier sont ensuite envoyées à une application, qui permet de contrôler plusieurs appareils électroniques, comme son propre iPhone, une souris ou encore un clavier d’ordinateur, le tout avec sa simple pensée.

Application mobile de Neuralink.

Quel objectif?

Premièrement, cela a été conçu pour survivre face au progrès de l’intelligence artificielle, l’une des plus grandes craintes de l’entrepreneur à la tête du projet. Alors, l’intérêt de Neuralink est de pouvoir créer une sorte de symbiose entre l’homme et la machine, avant même que celle-ci nous dépasse. Cependant, Elon Musk affirme qu’il nous reste beaucoup d’étapes avant de pouvoir réaliser un tel projet, à la fois technologiques mais surtout fondamentales ; en effet, nous n’avons pas encore une connaissance assez élevée du fonctionnement cérébral. Comprendre le code neural, les mécanismes de perception, d’apprentissage, d’attention, de mémorisation et le rôle des émotions est nécessaire afin de mener ce projet à grande échelle. 

Applications médicales

L’interface cerveau-machine se tourne essentiellement vers des applications à but médicales. Le dispositif conçu par Neuralink pourrait aider les personnes atteintes de paralysies puisque celles-ci seraient désormais capables d’utiliser un bras robotisé : de par cette interface, le patient va donc envoyer une commande au bras robotisé et voir le résultat, c’est la plasticité du cerveau qui va jouer pour apprendre à dompter l’outil, on appel cela la boucle de rétroaction.  Ou encore aider les personnes souffrant de lésions cérébrales, comme les personnes ayant subi un AVC : à ce moment là le patient à donc une atteinte cérébrale mais une interface homme/machine pourrait permettre de corriger l’activité pathologique de certains neurones, à force d’entrainement grâce au même principe de rétrocation.

Tout cela vous parait surement fous et irréaliste cependant la recherche sur les interfaces cerveau/machine a commencé dès la fin des années 70 et de grandes avancées prometteuses ont été réalisé. Par exemple au début des années 2000, un singe est parvenu à contrôler par la pensée un bras robotisé lors d’une expérience menée par Miguel Nicolelis. Ces singes sont désormais de cobayes humains qui tentes d’apprivoiser ces prothèses contrôlables par la pensée. Cette expérience est disponible ci-dessous.

Des personnes atteintes de sclérose latérale amyotrophique ou de lésion de la moelle épinière qui ont perdu le contrôle de leurs membres testent à ce jour un système appelé “BrainGate”.

En utilisant un système similaire des personnes ont réussi à déplacer un curseur sur un écran et même piloter un drone.

Elon Musk compte démarrer les premiers cas cliniques lors de cette année 2020, après avoir évidemment valider de nombreuses étapes comme des contrôles des autorités sanitaires. 

Cette vision s’inscrit dans le courant transhumaniste puisque dans un futur lointain Neuralink pourra permettre à ceux qui en ont besoin et qui en ont les moyens de s’augmenter : améliorer leurs cinq sens, leurs mémoire et même leur intelligence.

Sources : siecledigital.fr / futura-sciences.com / lesechos.fr / biorxiv.org