Notre second cerveau : l’intestin.

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Saviez-vous que l'être humain possède un second cerveau, mais dans le ventre?

Nous avons bel et bien un second cerveau qui se trouve dans notre ventre, on l’appelle le cerveau entérique. Cette partie du système nerveux autonome contrôle aussi bien l’activité motrice, tels que les vomissements ou les réflexes entériques, que la sécrétion et la vascularisation. La neurogastroentérologie (l’étude du système nerveux entérique) a fait de nombreux progrès à la fin des années 1990. Nous savons à ce jour que nos intestins contiennent environ 200 millions de neurones, soit le cerveau d’un petit chien, et que ce système communique étroitement avec notre système nerveux central.

Le lien entre l’intestin et cerveau est permanent et bidirectionnel, 95% de la sérotonine – l’hormone de la sérénité, qui est un neurotransmetteur – est produite au niveau de l’intestin, ce qui régule certaines fonctions telles que l’humeur ou le comportement. Il y a un troisième agent qui ferait parti de ce dialogue entre l’intestin et le cerveau : le microbiote intestinal. Celui-ci correspond à l’ensemble des micro-organismes qui colonisent le tubes digestif, soit 100 milliards de micro-organismes. Voici une présentation de ces rôles.

Anxiété, stress ou dépression

Le microbiote intestinal agit sur le cerveau par les voies sanguines et nerveuses via la sécrétion et la libération de certaines molécules chimiques. Une recherche sur des souris a notamment montré une hypersensibilité au stress avec une augmentation de la concentration d’une hormone liée au stress, la corticostérone. De même, une étude a montré que l’administration de bactéries probiotiques – des micro-organismes favorisant le bon fonctionnement du microbiote – à des souris permettait d’atténuer la libération de corticostérone provoquée lors de situations stressantes. Pour l’homme, on voit une sous-représentation de certaines bactéries, des Bacteroides, avec une sur-représentation d’autres micro-organismes, du genre Alistipes, pour les individus dépressifs.

Comportement et réactivité émotionnelle

Des chercheurs américains ont montré que des femmes ayant consommé durant un mois un produit laitier enrichi en probiotiques accordaient moins d’attention à des stimuli émotionnels négatifs, montrant ainsi une corrélation entre l’alimentation, le microbiote et nos comportements. L’autisme fait aussi l’objet d’intéressants travaux de recherche sur le sujet. Une étude comparant les microbiotes d’un enfant autiste et d’un enfant témoin montre des différences notables.

Maladies neurodégénératives

Prenons l’exemple de la maladie de Parkinson : une étude finlandaise montre que le patient atteint de cette maladie possède une relative abondance d’entérobactéries et une autre étude montre que la cause de cette maladie serait l’altération de la barrière intestinale. Elle aurait aussi son rôle dans des maladies telles que l’Alzheimer ou la Sclérose en plaque.

Notre cerveau est très probablement influencé par des milliards de bactéries qui se trouvent dans le tube digestif. Nous ne sommes évidemment pas sûr de cela, mais de nombreuses études sont en cours pour mieux comprendre les liens entre microbiote intestinal et le stress, l’anxiété et la dépression, mais aussi d’autres maladies de Parkinson ou d’Alzheimer. Ces recherches suscitent de grands espoirs dans le diagnostic et l’accompagnement de ces maladies.

Sources: pileje.fr / brut.media