Un refuge en Inde du Nord : Dharamsala

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Vue sur les hauteurs de Dharamsala, Août 2018.

Perché à plus de 1800 mètres de hauteur dans l’Himalaya se trouve Dharamsala, un petit village indien bien particulier qui se démarque du reste du pays par un aspect : il accueille en effet les tibétains contraints de s’exiler de leur terre natale depuis plus de 60 ans.

L’histoire de ce refuge prend son origine en 1950, alors que le récent régime communiste de Pékin décide que la région du Tibet, au Sud-Ouest de la Chine, doit devenir un territoire appartenant à part entière au pays.

Cette appartenance serait alors, pour la Chine, une opportunité économique, grâce aux ressources naturelles du Tibet, mais aussi un atout militaire stratégique dans la région, notamment du fait de la proximité avec la frontière indienne.

Dès le mois d’octobre de la même année, près de 40 000 soldats chinois prennent alors le contrôle du territoire, envahissant les troupes tibétaines sous-équipés.

Un accord fut alors signé entre régimes tibétain et chinois ; le nouveau régime communiste de Mao Zedong peut alors s’emparer de la région. Des civils et militaires chinois s’installent à Lhassa (la capitale du Tibet) en échange de quoi la religion bouddhiste tibétaine demeure intacte, de même que l’indépendance de la région.

Cependant, tout bascule en mars 1959, après plusieurs années de tensions entre les deux peuples créées par l’oppression et l’échec des promesses de la Chine, un soulèvement populaire a lieu dans la capitale tibétaine. Des centaines de milliers de tibétains se révoltent et entourent le Palais Potala, craignant que leur chef spirituel et politique, le Dalaï-lama, soit enlevé ou tué.

La résistance est durement réprimée et le gouvernement tibétain est désormais contraint de s’exiler dans l’Himalaya.

“Le gouvernement chinois veut que je dise que depuis de nombreux siècles, le Tibet fait partie de la Chine. Même si je faisais cette déclaration, beaucoup de gens se contenteraient de rire. Et ma déclaration ne changera rien à l’histoire passée. L’histoire est l’histoire.”

Dalaï-lama.

Monastère tibétain Gyuto à Dharamsala, Août 2018.
Drapeau de prières tibétains, Août 2018.

Ainsi, dès le 31 mars, le Dalaï-lama et ses disciples trouvent refuge à Dharamsala, dans le Nord de l’Inde. Le pays décide en effet de donner le droit à l’asile au gouvernement tibétain. Cette décision va intensifier les désaccords entre la Chine et l’Inde au regard de la situation au Tibet, entrainant par la suite deux affrontements le long de la frontière, aux garnisons des deux pays.

Le gouvernement tibétain en exil s’installera officiellement en 1960 à McLoad Ganj, un quartier au Nord de Dharamsala et ce statut perdurera d’ailleurs jusqu’à nos jours.

Alors, comme mentionné dans l’une de nos vidéos, l’ambiance dans cette ville au lourd passé n’est pas comparable au reste du pays ; des temples bouddhistes aux différents monastères colorés (tel que celui de Guyto ci-dessus), tout semble nous indiquer que l’on se trouve bel et bien au Tibet, mais pourtant dans l’état de l’Himachal Pradesh, en Inde.

Ainsi, cette ville porte aujourd’hui plus de 60 ans d’histoire derrière elle ; cette longue persécution envers un peuple opprimé et dont la liberté à disposer de lui-même a été retiré, cherchant de nos jours a réaffirmer son indépendance, notamment avec certains mouvements indépendantistes tibétains, tels que Free Tibet (Tibet Libre) et qui ont lieu partout dans le monde.

Sources : www.britannica.com / www.freetibet.org / www.harvard.edu